Pratique chamanique et "démons intérieurs"

Je vous partage une séance dont j'étais le centre, car ce que nous proposons, nous le pratiquons et en avons vu les bénéfices.

 

 

Les démons en moi.

« Je me souviens de qui je suis et je me libère des illusions et de l'hypnose » est mon mantra personnel depuis un certain temps déjà.

 

Je comprends aujourd'hui que cette demande était mensonge. Je n'étais pas prête à me souvenir. Je ne voulais pas me souvenir. Je voulais simplement me retrouver dans l'hypothèse qui me convient le mieux ; un être merveilleux, bon et lumineux, un dieu sage et aimant.

 

Mais ce n'est qu'une projection, voir une conviction pour certains, mais de preuves nous n'avons rien.

 

Mon parcours ces dernières années a remis en question bien des choses, trop peut-être.

Les vérités sont multiples et je ne peux m'arrêter à aucune.

 

Alors oui, une de mes hypothèses est que je suis dieu. Mais dieu ne veut pas dire pour autant sage et bienveillant. Puissant et créateur, oui, mais bon... je n'en ai pas la preuve.

Mes pérégrinations m'ont fait comprendre que dans un absolu il n'y a ni bien, ni mal. Il n'y a que des faits avec des conséquences. Je vous le concède, d'un point de vue du vécu la différence est notable.

 

Petite fille je pensais être diabolique. J'ai grandi en ayant comme objectif de le camoufler.

Puis la vie s'est écoulée et j'ai pensé être profondément gentille.

Puis la vie s'est écoulée et je me suis demandée dans quelle mesure je ne me leurrai pas.

Mes actes vont plutôt dans le sens de ne pas faire de mal, je me dis alors pencher du bon coté de la balance. Mais mes pensées, elles, ne sont pas vertueuses. Elles voient le mal. Elles imaginent le mal. Qui suis je alors ? Mes pensées ou mes actes ?

 

Je me réfugie donc dans des histoires. Sont-elles vraies ou fausses, je ne sais pas. Mais je m'y accroche.

Mes histoires me racontent, au regard d'éléments plus ou moins concrets auxquels je me rattache, que j'ai été abusée lorsque j'étais toute petite. Cela explique, expliquerai certaines de mes visions.

Mes histoires me racontent que je suis une éponge. J'imprime et me souviens des images et récits terrifiants des comportements humains sur terre. Je perds la juste limite entre ça et moi.

Suis je ces images ? M'appartiennent-elles ? Est-ce moi qui les crée ?

 

Le cercle est vicieux. Plus je m'y oppose, plus ces images et idées m'assaillent. Et donc plus je me pose la question de savoir qui je suis, bonne ou mauvaise.

Et plus je me pose la question, plus la question se pose et plus je me provoque et me mets au défi.

 

Je ne veux pas savoir si j'ai été abusé ou pas. Car aller à la quête de cette réponse n'a pas de garantie de réussite et apprendre que je n'ai rien vécu validerait le fait que je ne suis pas une bonne personne.

 

Lorsque je m'imagine passer à l'acte, mon esprit se persuade que ce n'est que pour me prouver que ce n'est vraiment pas moi.

Mais ne serait-ce pas la encore un défi pour savoir qui je suis vraiment ?

 

Je me terrifie. Vivre ermite au fond d'un bois serait une solution, aucun risque de faire du mal à l'autre.

Mais je ne veux pas me fuir indéfiniment. Ce n'est pas vivre que de s'éviter.

 

Aujourd'hui le glauque m'a assailli plus qu'il ne faut. J'ai lutté. Le monstre visqueux et englueur déployait bien des ardeurs.

 

Benoît l'a senti. J'ai demandé de l'aide. Il m'a entendu.

J'ai exorcisé, régurgité, râlé. Il a exorcisé, régurgité, râlé.

Le son du tambour battait mes dissonances.

J'ai exhorté à sortir ce qui n'était pas de moi. J'ai accepté qu'une fois qu'il n'y aurait que moi en moi, je puisse percevoir que je suis vraiment le mal.

 

J'ai repris possession de ma maison corps-tête. Je suis maître à bord. J'ai dit dehors. J'ai dit non

 

Et j'ai compris que peut importe qui je suis, dieu, bonne ou mauvaise.

Je décide de qui je suis.

Je pose mes actes. Je canalise mes pensées du moins j'essaie.

 

J'ai ramassé les mouchoirs, sopalins et tout ce que j'ai régurgité et craché.

J'y ai mis le feu.

J'y ai vu du monde. J'ai compris qu'il ne me fallait pas être en colère. Ce monstre était depuis si longtemps en moi qu'il ne savait plus d'où il venait.

Je l'ai accompagné. J'ai chanté pour qu'il se libère de la matière. J'ai chanté pour qu'il retrouve le chemin de sa maison. J'ai remis du feu pour accélérer le processus car nul besoin de faire durer la souffrance. J'ai soufflé pour que le papier se consume. Il est des choses qui doivent brûler vite et d'autres se consumer lentement.

 

Je me sens mieux. Il me faudra y retourner, pour ne plus laisser s'accumuler.

 

 

 

 

 

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