folle humanité 12 décembre 2021

12 décembre 2021

 

Hoffman est partout aujoud'hui, surtout dans mon système biologique, pour tout dire.

Je blablatte car il me faut attraper le fil de ce qui s'écrira. Là je tourne, on se cherche. Il me faut me calibrer, m'aligner si je veux que les mots qui viennent soient dignes d'être écris. Partager est une autre histoire, ce sera celle de demain.

 

De nombreuses histoires se sont chevauchées, au cœur de l'histoire.

 

Au cœur, la peur.

Encore elle, toujours elle, sous un autre angle, une autre approche, mais la peur.

Je suis dehors, dans l'herbe humide et verte. Mon corps ne pouvait plus rester à l'intérieur tant je suis enfermée du dedans.

J'ai beau m'agiter, hurler, mes cotes sont toujours trop serrées, mon sternum enfoncé. De l'air !

Assise dehors, dans l'herbe, je ne peux me résoudre à me laisser aller. Dès que je fais un pas en ce sens, des bruits, des sons, me font me retourner. Il y a du monde. Je ne suis pas seule. « Je ne suis pas en sécurité » est ce qui ressort. Quand donc y arriverai-je ? J'ai fais des pas, même de grands pas, mais pas encore assez. Mon esprit veut raisonner, analyser, décrypter pour ne pas se laisser aller, pour ne pas se confronter, pour ne pas sombrer. Pour ne pas que la vague vienne me submerger et que plus jamais je ne touche le rivage.

Mourir, stratégie ultime pour ne pas oser faire face à cette peur prégnante. Mourir pour échapper à la peur. Il y a là quelque chose qui cloche. L'ultime peur ne serait-elle pas celle de la mort ? Qu'ai je inversé ?

Je tente de me laisser verser dans l'abandon à cette peur larvée. Je suis en sécurité, dans mon jardin. Qu'ai je donc à craindre de l'extérieur ? Le contrôle, encore une fois l'emporte. Je bouge, marche, chante. Je redeviens maîtresse de mon être. J'ai peur mais je contrôle, l'hyper vigilance toujours en action. Je gère.

J'ai peur.

Il me faudra recommencer avec un ange gardien. Peut-être, alors, la peur se représentera et protégée je pourrai lui faire face, la voir, la comprendre, l'apaiser.

Peut-être, si elle se retrouve sur mon chemin. Peut-être, si j'ose, alors, m'y plonger.

 

Mon esprit encore divague, il se perd dans mes pensées, de la peur à la folie, une nouvelle fois je m'y confronte.

L'enfermement est désirable. Il me laisse entrevoir la possible liberté d'oser.

Je sais, je flirte avec un monde presque idéal. Celui ou l'asile est 5 étoiles. Les portes sont vitrées et donnent sur un jardin arboré.

Un asile où tout est fait pour me permettre d'oser ma folie. Le jusque boutisme, mais complètement. Un asile où nul ne m'empêchera de me faire mal, car avoir mal est parfois essentiel pour être vivant. Ne pas être enfermé dans mon corps, mais être enfermée chez les fous pour avoir le droit d'être, d'avoir peur, de vérifier si le monstre est sous ma peau, si ma langue est venimeuse et mon venin mortel. Vivre, tout vivre au bout, avec la limite de rien d'irréparable.

L'asile conçu comme le paradis et l'enfer en même temps.

 

C'est de l'intérieur que je veux hurler. Peu m'importe que vous m'entendiez, c'est à l'intérieur que le cri se pousse.

 

Je vois mon auto torture, ma complaisance dans la douleur et le dark qui repointe son nez. Noir, je suis noire. Violente et destructrice, je le suis aussi. C'est en moi. La noirceur du monde est aussi la mienne. Est aussi la votre. Il vous faut vous voir tel que vous êtes, et, peut-être le monde pourra-t-il changer. Violents, haineux, pervers, dans le féminin l'horreur est aussi à l'honneur. L'égalité est atteinte dans le sordide. J'ai cultivé la dark attitude, je sais aujourd'hui que c'est elle qui me fait authentique. Je sens tous ces vices en moi, ils remontent parfois à la surface, mais font-ils pour autant une mauvaise personne de moi ? Ce n 'est qu'en acceptant ces aspects que vous quitterez l'enfer. Dites je suis laid, je suis laide, je vous haie, je rêve de vous arracher les yeux, de vous faire brûler vifs, tous crevés, seul(e)s.

 

Et oui, c'est cela aussi voir son humanité. Elle n'est pas que belle. Elle est terrible, mais ne pas la nier en ce noir aspect permet de l'apaiser, et son contre pied développer. Là est le secret d'un monde apaisé. Mais ce n'est que ma vérité.